LES RÈGLES D’UN RENDEZ-VOUS RÉUSSI

LES RÈGLES D’UN RENDEZ-VOUS RÉUSSI

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Découvrez comment réussir vos rendez-vous galants.

Un rendez vous n’est pas un date !

Pour mon livre #dragueur, j’ai interviewé beaucoup de Français. Lorsque nous abordions le thème des « rendez-vous », un constat m’a frappée : les hommes se calquent de plus en plus sur le modèle du date à l’Américaine. Et ce n’est pas simplement un mot qu’ils utilisent comme un synonyme : c’est carrément tout le concept du « date » qu’ils reproduisent ; avec ses « règles » et ses « enjeux ».

Mais pour les Françaises, le « date » est le symbole de la drague à l’Américaine…. Et la drague à l’Américaine n’a rien de très séduisant selon elles : «  L’Américain c’est le gars qui va te draguer comme il vendrait une voiture d’occasion. Ce qui compte, c’est la performance, le résultat… ca se voit qu’il cherche à garder le contrôle, à ne pas s’attacher… ».

Bref, les hommes français qui datent se trompent, et notamment sur trois points fondamentaux :

  • Il n’y a pas UN rendez-vous Français, mais PLUSIEURS

    Si le date à l’Américaine doit aboutir tout de suite à la conclusion (en général, la conclusion se fait en position horizontale) , rien de tel pour le rendez-vous Français ! Inutile, donc, de mettre votre plus beau caleçon pour l’occasion : votre dulcinée n’en profitera certainement pas.

  • Les rendez-vous Français sont progressifs : oubliez le « quitte ou double » à l’Américaine : on est pas sur chatroulette. Chaque rendez-vous apporte quelque chose de nouveau par rapport au précédent ; chaque rendez-vous a ses enjeux propres. Il faut donc savoir respecter le « rythme » des rendez-vous !

 

  • Les rendez-vous français sont exclusifs :

    Faut-il vraiment que j’écrive ce que cela implique?

Que faire pour chaque rendez-vous ?

Chaque rendez-vous possède ses enjeux propres, et vous ne pouvez pas vous comporter au premier de la même façon qu’au second. Très rapidement, voici une petite feuille de route.

Le premier rendez-vous

Votre objectif :

Instaurer une relation de découverte mutuelle.Imaginez ce rendez-vous comme un pilote de série TV. Tout en faisant connaissance, tout en vous livrant, vous devrez savoir garder quelques mystères sur vous : to be continued.

Quoi ? :

Rien de très original pour cette fois ! Invitez la dans un lieu agréable et calme (non, pas votre chambre) où vous pourrez facilement discuter et échanger.

Comment ?

Même si la parole prendra une place très importante, vous devrez tout de même distiller les gestes  qui vous feront entrer dans la relation de séduction (et eviter la friendzone) .

Les rendez-vous suivants

Votre objectif :

Vivre une expérience commune !A partir de ce moment, les rendez-vous doivent composer des mini-aventures, les épisodes de votre série.

Quoi ?

Lâchez-vous ! Faites une invitation qui vous ressemble : vous êtes chaleureux ? Invitez la à cuisiner chez vous ! Vous êtes fantasque ? Donnez lui rendez-vous au musée ! Vous aimez les sensations fortes ?Pourquoi pas un parc d’attractions? Essayez de typer l’aventure que vous lui proposez avec votre personnalité.

Comment ?

Assez parlé, maintenant : osez ! Jouez le geste à fond ! Progressivement, en fonction de ses réactions (soyez à l’écoute de ses réactions !), ayez des gestes de plus en plus francs, de moins en moins furtifs. Jusqu’à cet instant magique où vous l’embrasserez fougueusement.

TOUT CE QUE VOUS NE SAVEZ PAS SUR LA SÉDUCTION : FAITES LE TEST

TOUT CE QUE VOUS NE SAVEZ PAS SUR LA SÉDUCTION : FAITES LE TEST

Loin des idées reçues que l’on peut entretenir sur les bons « trucs » du séducteur, découvrez ce qui fonctionne vraiment avec les Françaises, et surtout pourquoi. Attention, vous risquez d’être surpris!

CE que vous ne savez pas sur la séduction

Les hommes et les dragueurs ont tout faux en matière de séduction

Pour l’écriture de mon livre #dragueur, j’ai eu l’occasion d’interviewer beaucoup d’hommes, Français et étrangers. Souvenez-vous, j’avais été incroyablement surprise des préjugés qu’ils entretenaient sur les Françaises ;  qui les handicapaient dans le jeu de la séduction. Aujourd’hui, je vais vous parler de ma deuxième grande conclusion, tout aussi folle : les hommes nourrissent également des préjugés sur la séduction elle-même, et cela leur porte tout autant préjudice. Tout ce qu’ils pensent être « efficace » dans le jeu de la séduction correspond, en fait, aux mauvais exemples que les femmes critiquent. Vous ne me croyez pas ? Faites le test.

 Faites l’expérience vous-mêmes !

Avec cette conclusion déconcertante, je me suis dit qu’un petit exercice pouvait être particulièrement utile. Le voici : je vais vous raconter trois histoires (« true story » dirait Barney Stinson) de séduction. Pour chacune de ces vraies histoires, vous devrez deviner la suite : laquelle/lesquelles de ces situations a/ ont donné lieu à d’autres rendez-vous, laquelle/lesquelles a/ont coupé court ? Rendez-vous un peu plus bas pour les réponses.

Histoire n°1 :

Olivier avait déjà vue Julie mais il n’avait jamais eu l’occasion de lui parler. Il avait pourtant flashé sur elle, et avait entendu qu’elle faisait des études littéraires. Un jour qu’ils se retrouvent ensemble (avec des amis communs) dans une voiture pour quelques minutes, Olivier lance une question : « Qui voudrait aller voir l’Ecume des jours au théâtre, j’ai vu qu’il y a avait une représentation ? ». L’air intrigué, Julie se retourne et regarde Olivier.

Histoire N°2 :

Mathieu et Mélanie s’étaient rencontrés en soirée et le courant était tout de suite passé entre eux deux. Ce soir là, Mélanie avait dû partir un peu tôt, et Mathieu en avait profité pour lui donner un rendez-vous en tête à tête, ce qu’elle avait accepté avec enthousiasme. Lorsque, trois jours plus tard, Mélanie arrive au point de rendez-vous, elle regarde les lieux avec surprise : il s’agit d’un restaurant très chic. Il y a des nappes blanches, un majordome à l’entrée, et les menus au prix élevés promettent de vrais plats gastronomiques.

Histoire N°3 :

Marc ne s’attendait pas du tout à croiser une jolie fille ce jour là : il se rendait en roller jusqu’à sa fac, et l’avait aperçue de loin. Il la rattrape en roller, et veut faire un tour sur lui-même pour se retrouver juste face à elle ; mais au dernier moment, il dérape sur un relief du trottoir et s’effondre devant elle. Surpris, Marc regarde Marie et lui dit : « Je crois que j’ai raté mon entrée. »

And the winner is….

Avez-vous imaginé la suite de ces histoires ? Maintenant, je peux vous le dire, une seule d’entres-elles a donné lieu à un rendez-vous.

Allez, vous aviez bien senti qu’il y avait anguille sous roche …. Eh oui, le gagnant est …. Marc et sa chute en roller !

Pourquoi Marc a-t’il réussi là ou Olivier et Mathieu ont échoué ?

En réalité, la scène aurait très bien pu aboutir à immense râteau, car la démarche initiale était plus qu’arrogante : Marc s’était dit qu’il allait impressionner Marie avec ses compétences sportives : elle aurait trouvé cela prétentieux et même assez ridicule. Pourquoi vouloir absolument impressionner une fille avant de l’aborder ? Mais sa chute l’a sauvé du fiasco. En riant de lui-même, il a tout de suite su mettre Marie à l’aise, et celle-ci s’est sentie en confiance.

Attention, ne vous méprenez pas : pour séduire une Française, vous n’êtes pas obligés de tomber par terre. Ce que vous devez comprendre, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’impressionner votre future amoureuse pour lui plaire. Sachez juste la mettre à l’aise.

Et Olivier et son écume des jours, pourquoi n’a t’il pas réussi ?

L’erreur d’Olivier est une erreur TYPIQUE des hommes qui pensent savoir séduire. Si vous êtes de profil Joueur ou Passionné, vous avez sans doute utilisé ce genre de truc au moins une fois dans votre histoire de la séduction. Le principe est simple : aborder une femme en utilisant des références dont on sait qu’elles l’intéressent. Soit il s’agit d’impressionner par votre savoir, soit il s’agit de lui faire plaisir. Dans tous les cas, cela ne fonctionne pas :

  • Vous supposez que pour lui plaire, il faut lui parler de choses qu’elle connaît alors que les Françaises sont curieuses et aiment apprendre de nouvelles choses.
  • Vous risquez de susciter sa méfiance. En l’occurrence, L’écume des jours n’est pas une pièce de théâtre. De toute façon, les femmes savent quand on leur ment. Si vous n’aimez pas la littérature (ou tout autre chose) , n’essayez pas d’en parler !

Et Mathieu et son restaurant somptueux, pourquoi n’a t-il pas réussi ?

Cette situation est moins courante, mais peut arriver, surtout si vous êtes de profil passionné ou charmeur. Vous voulez « sortir le grand jeu »,« en mettre plein la vue » à votre future, ou la traiter comme une reine. Mais vous oubliez qu’en en faisant « trop » vous risquez de la déstabiliser. Mal à l’aise, en situation d’insécurité (de danger), Mélanie a écourté le rendez-vous et n’a jamais voulu revoir Mathieu.

Que retenir de ces exemples ?

  • VOUS N’AVEZ PAS BESOIN DE RÉALISER UNE PROUESSE ! Qu’elle soit intellectuelle, physique, financière ou autre, oubliez cette idée. Soyez vous-mêmes, tout simplement.
  • FAITES VOUS CONFIANCE : VOUS POUVEZ L’INTÉRESSER SANS JOUER UN JEU.
  • SUSCITEZ SA CURIOSITÉ AU LIEU DE VOULOIR LUI PARLER DE CE QU’ELLE CONNAÎT
  • SACHEZ RIRE DE VOUS ! (SURTOUT POUR LES CHARMEURS, JOUEURS, IDÉALISTES)

Vous avez touché ici à quelques un des préjugés qui conditionnent votre relation de séduction. Pour connaître les autres, vous n’aurez plus qu’à lire mon livre ! En attendant, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode : découvrez en quoi la séduction est une forme de marketing !

TOUT CE QUE VOUS NE SAVEZ PAS SUR LES FRANÇAISES

TOUT CE QUE VOUS NE SAVEZ PAS SUR LES FRANÇAISES

Loin des préjugés et des incompréhensions, découvrez enfin la vérité sur les Françaises. Les comprendre, c’est déjà un peu les séduire. Attention, vous risquez d’être surpris de la simplicité de l’exercice !

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Le préjugé est mort, vive la séduction

Entamez les 30% du travail de séduction

 Dans mon article de la semaine dernière, je vous expliquais qu’en étant vous-même, vous aviez déjà effectué 70% du travail de séduction. Je sais maintenant ce que vous allez me demander : « et les 30%, qu’est-ce que c’est ? ». J’ai une réponse pour vous : c’est aujourd’hui. La première étape pour accéder aux 30% est d’une simplicité extrême, mais elle est fondamentale.

Les préjugés sur les Françaises sont universaux…même les Français les partagent !

 Pour l’écriture de mon livre #dragueur (lien), j’ai eu l’occasion d’interviewer beaucoup d’hommes, Français et étrangers. Après en avoir fait la synthèse, une conclusion surprenante, étrange, et même déconcertante, s’est imposée à moi. Malgré leurs différences de caractère, d’âge, de culture, ces hommes partageaient exactement (à quelques nuances près- mais pas de gris) les mêmes préjugés sur les Françaises. Que vous soyez Italien, Américain, Argentin ou Français, vous commettez donc exactement les mêmes maladresses d’incompréhension ! Il est grand temps d’y remédier !

 Le préjugé est nuisible à la séduction– n’en consommez pas

 Revenons maintenant sur trois des plus grands préjugés que les hommes nourrissent à l’égard des Françaises. Pour chacun d’eux, je vous expliquerai en quoi vous avez raison ou tord, et comment adapter votre comportement.Bien sûr je suis obligée pour cela d’émettre quelques généralités – j’espère que vous me pardonnerez !

WARNING CECI EST UN AVERTISSEMENT : Au préjugé 3, ça devient chaud…

Quels sont les préjugés sur les Françaises ? Comment les déjouer ?

 Découvrez maintenant toute la vérité sur les Françaises. Les traits des préjugés sont volontairement grossis afin de mieux les identifier.

 Préjugé n°1 : La Française est fausse

 Parole d’hommes

Rien à faire. Lorsque vous parlez à une Française pour la première fois, vous avez toujours cette impression désagréable qu’elle joue une petite comédie intérieure. Lorsqu’elle vous sourit, vous ne savez pas si c’est par politesse, par condescendance ou parce que vous lui plaisez vraiment. Elle est distante, froide, et il vous semble que chacun de ses gestes sont calculés, réfléchis.

Parole d’analyste : vous n’avez qu’à moitié raison !

Bien-sûr que les Françaises jouent la comédie. Bien sûr qu’elles réfléchissent à ce qu’elles vont faire, dire, ou à la façon dont elles vous regardent. Mais ne vous trompez pas sur les causes de ce comportement : ce n’est pas par arrogance qu’elles manipulent la relation! Vous devez savoir que lorsqu’une femme entre dans une relation de séduction avec un homme, sa première réaction est de se sentir « déstabilisée », quel que soit son caractère- même si elle aime séduire et être séduite. La séduction est, pour les femmes, une mise en danger. En conséquence, une Française tentera de se protéger de ce « danger » en anticipant ses propres réactions : c’est ce qui vous donne cette sensation de fausseté et de manque de naturel. Cela dit, ce comportement ne dure pas : plus la relation s’installe, plus la Française « prend ses marques, et plus elle devient naturelle : j’appelle cela le « processus de sécurisation ».

 Ce que vous devez donc faire

D’abord, vous devez être tolérant avec les Françaises : non elles ne sont pas vicieuses ! Ensuite, vous devez à tout prix cesser de réagir en symétrie : ne jouez pas la comédie ! Pour avoir vu cette situation se répéter encore et encore, je peux vous dire que ce n’est pas joli-joli !

La solution est donc de tenter d’accélérer le processus de sécurisation : faites-en sorte qu’elle se sente à l’aise (donc en sécurité) avec vous, assez pour ne plus avoir besoin de jouer un rôle.

Préjugé n°2 : la Française est élégante

Parole d’hommes

Ah Paris! Capitale de la mode et de Jean Paul Gaultier, où les femmes sont élégantes et stylées. A égalité avec les Italiennes, vous placez les Françaises dans la tête de liste des femmes les plus chics.

 Parole d’analyste : vous avez raison, mais vous oubliez l’essentiel !

Vous avez tous remarqué que les Françaises (et surtout les Parisiennes) se distinguaient par leur élégance. Mais avez-vous remarqué d’où vient cette fameuse élégance ? L’élégance française est une élégance du détail. Pour une Française, il est aussi important d’avoir une belle robe que de bien l’accessoiriser, d’acheter de belles chaussures que de savoir marcher avec, de porter un beau rouge à lèvres que d’avoir des ongles bien nets. Etre élégante, c’est avoir une belle tenue dans les moindres détails : des vêtements, à la façon de marcher, de parler, de se tenir…

Ce que vous devez donc faire

Ne vous contentez pas des compliments banaux ! Cherchez le détail qui n’appartient qu’à elle ! Cela vaut aussi pour les détails de sa personnalité : « J’ai adoré ta façon de réagir sur… »

 Préjugé N°3 : la Française est froide au lit

Parole d’homme

Ca c’est sûr, les Françaises sont romantiques. Elles s’enflamment sur des textos, deviennent passionnées pendant une balade au clair de lune… Mais pour le sexe, ce ne sont pas les plus exaltées. D’ailleurs, vous trouvez souvent que la première fois avec une Française est banale, convenue, et donc, peu mémorable.

Parole d’analyste : vous vous trompez !

Vous interprétez à tord la « froideur » des Françaises. Vous pensez qu’elle n’aime pas le sexe, qu’elle a peur, qu’elle n’est pas à l’aise… Vous n’avez pas compris que cette « froideur » est au contraire très sexuelle ! Je m’explique. La sexualité des Françaises est une sexualité de l’érotisme. Ce qui excite une Française, c’est l’incertitude, ce moment où l’on ne sait pas si ce qui peut arriver va vraiment arriver : être frôlée plutôt que touchée, être embrassée tout près des lèvres plutôt que sur les lèvres etc… L’incertitude fait monter le désir d’une femme à son plus haut point : ce n’est donc pas de la froideur, mais de l’érotisme ! Mais attention, plus que les hommes, les femmes aiment la variation : ce qui veut dire qu’après l’érotisme, doit venir le sexe. Les françaises aiment aussi qu’on les porte avec force et qu’on les embrasse langoureusement.

Ce que vous devez donc faire

Vous devez jouer le jeu de l’incertitude : c’est un moment de « danger » excitant, où tout peut arriver. Mais plus encore, vous devrez repérer l’instant où l’incertitude doit se transformer en certitude. Sachez la plaquer contre le mur au bon moment !

A vendredi prochain !

Vous avez touché ici à 3 des grands préjugés qui conditionnent votre relation de séduction. Pour connaître les autres, vous n’aurez plus qu’à lire mon livre !

En attendant, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine.L’objectif : apprendre à gérer son corps en situation de séduction !

L’économie du partage : le capitalisme 2.0

L’économie du partage : le capitalisme 2.0

sharing-economyLe contexte économique, politique, et social forme un terrain fertile au développement de l’économie du partage, dont les initiatives se multiplient et se diversifient sur le marché occidental. Mais derrière les discours rupturistes et  évangéliques qui enveloppent le phénomène, (système économique révolutionnaire destiné à se substituer au capitalisme croulant et amoral) l’économie du partage ne serait- elle pas rien d’autre qu’une forme mutante de libéralisme ?

L’AVÈNEMENT D’UNE NOUVELLE ÈRE?

La venue en France de Rachel Bostman, auteur du livre « What’s mine is yours » pour une conférence sur les enjeux de l’économie du partage il y a quelques semaines fait écho au succès croissant des sites internet qui appliquent le modèle : qu’ils soient iconiques- Blablacar , plateforme de co-voiturage, compte aujourd’hui plusieurs millions de membres, Airbnb, service de location de sa maison, fait sa grande arrivée sur le territoire français, Mymajorcompagny est devenu célèbre à travers les « stars » qu’il a financées – ou plus périphériques-  troc de vêtements sur pretàchanger.fr  , vente de ses produits potagers sur cuisinetonjardin.com- ces sites voient le nombre de leurs « adeptes » augmenter de jour en jour. Car, au-delà de n’être que de simples utilisateurs, les bénéficiaires de ces services en sont surtout des partisans, qui partagent leur engouement et initient de futurs membres.  A une relation classique marque-client, où la transaction, purement commerciale, s’arrête là où elle finit, se substitue donc une dimension idéologique, qui poursuit le lien au-delà de l’opération : le « client » (terme d’ailleurs devenu obsolète dans ce type d’échange) croit dans le service qu’il a utilisé; et le fait savoir.

D’ailleurs, cette propagation virale de la croyance dans le nouveau système de l’économie du partage est facilement nourrie par les attributs moraux dont le phénomène se pare souvent pour s’auto-promouvoir. Ainsi les acteurs ou leurs adeptes peuvent ils  annoncer de grands effets,  comme la restauration du lien social, la préservation de l’environnement, la naissance de la solidarité humaine, ou le retour à l’essentiel de toute chose. Bien entendu, ces discours thuriféraires, proches de l’angélisme, ne se dispensent pas de l’expression pragmatique de ce que l’utilisateur peut « gagner » concrètement en utilisant ces services. Il est d’ailleurs intéressant de noter que ces deux dimensions apparemment antagonistes sont toujours associées : l’utilisateur se rend service à moindre coût, et, en « bonus », rend service à la planète. Ainsi l’intérêt privé nourrit l’intérêt commun, le pragmatisme nourrit la morale.

Quoi qu’il en soit, ce modèle, apparu il y a quelques années en tant que courant alternatif, s’impose peu à peu comme système normatif. L’économie du partage est promise à un grand avenir, celui de révolutionner le monde moderne, en mettant fin à des années de capitalisme amoral, qui montre chaque jour un peu plus ses faiblesses. Mais peut-on vraiment considérer que l’économie du partage s’oppose au capitalisme ? N’est-elle pas, au contraire, une prolongation, une réinvention de ce modèle ?

UNE POSTURE MILITANTE

Les origines de l’économie du partage s’inscrivent effectivement dans une démarche d’opposition au système actuel : le mouvement nait dans un contexte de crise, contre lequel il cherche à lutter.

Cette crise, c’est d’abord, bien entendu, la crise financière, puis économique, qui semble gangrener l’Europe et le marché occidental depuis quelques années. Le pouvoir d’achat baisse considérablement, le chômage augmente, les prix flambent…  L’austérité et la difficulté de la vie matérielle, comme à chaque crise, semblent inspirer la mise en place de « systèmes de débrouille ».

Mais cette crise, c’est aussi et surtout la crise politique. En effet, L’insécurité financière est exacerbée par un sentiment nouveau, beaucoup plus profond et destructeur : la méfiance des individus à l’égard des institutions gouvernementales. La puissance d’intervention des grandes entreprises, le mouvement intégrateur de la mondialisation,  les fermetures de sites à la chaine, se  superposent aux scandales divers (sexuels, financiers etc. ) qui touchent la classe politique, dans un mouvement de rejet global. Pour les individus, la politique n’a plus la capacité de remédier aux maux sociaux et économiques qui les rongent ; les réformes, les institutions, les initiatives ne sont plus utiles. Cette décroyance violente s’accompagne d’une attitude rebelle et déterminée.

En s’émancipant de l’intermédiaire étatique dans la création de nouveaux systèmes économiques, les individus cherchent donc à reprendre le contrôle.

D’ailleurs, cette volonté de puissance est concrètement permise par le contexte dans lequel elle s’inscrit. En effet, les acteurs, les initiatives, et les services d’économie du partage sont nés d’Internet. Et internet, ce n’est pas seulement un outil média, c’est aussi et surtout une plateforme qui permet à chacun, sans distinction, d’agir sur le monde, dans la mesure où l’immatérialité abolit les frontières hiérarchiques, physiques ou symboliques. Sur internet, vouloir, c’est déjà faire…

Mais cette exacerbation de la puissance et de la volonté individuelle ne s’oppose t’elle pas, par définition, au principe même « d’économie du partage » ?

DU CAPITALISME SYSTÉMIQUE AU CAPITALISME INDIVIDUEL

Le terme même d’ « économie du partage » suppose l’existence d’une communauté soudée et volontaire autour de laquelle s’organiserait un système de répartition, plus ou moins égal. Or, il est intéressant de constater que les relations entre acteurs et participants de ces initiatives ne sont régies par aucun ordre préalable : les échanges sont aléatoires, en fonction des besoins de chaque individu (on peut faire partie des membres blablacar pour un week-end seulement) la communauté n’est jamais instituée (une somme d’individus fluctuante) , et les biens qui circulent ne sont pas répartis-encore moins égalitairement- mais échangés. Dès lors, il semble plus pertinent de parler d’économie de l’échange plutôt que d’économie du partage. L’économie de l’échange se caractérise par des traits assez similaires à ce que l’on a appelé « le capitalisme ».

–     Avec l’économie de l’échange, chaque individu est potentiellement un agent économique. En tant qu’il possède forcément quelque chose (de vieux, d’usagé, de neuf, peu importe) qu’il peut prêter, louer, ou vendre, il est libre de se mettre sur le marché, d’échanger. Il s’agit donc ici toujours d’une transaction commerciale ( au sens où l’échange entraine un gain quelconque) similaire à celle qui régit les principes du système capitaliste. Le seul élément novateur est la forme que prend cette transaction. Hier, la valeur était extérieure à l’individu , une création de la structure étatique : la monnaie. Aujourd’hui, avec l’économie de l’échange, la valeur est desintermediée et émane directement de l’individu (ce qu’il possède). Dans cette mesure, l’économie de l’échange est une forme de glorification de la propriété privée.

–     De même, l’économie de l’échange se caractérise par la volonté de la possession. Ainsi que l’exprime la signature choc de « Taskrabbit » (plateforme américaine d’échange de talents) : « Live more. Do more.  Have more. « la sémantique qui entoure le concept d’économie de l’échange se base sur une dynamique d’accumulation plutôt que sur une vocation de répartition. Ces sites concrétisent en effet la possibilité d’avoir plus quand on a déjà- condition sine qua non-

Dans cette mesure, l’économie de l’échange apparaît comme un système capitaliste mutant : il en garde tous les principes mais son statut s’est transformé. Le capitalisme de l’économie de l’échange est un capitalisme qui s’émancipe de l’intermédiaire de l’état. Il était systémique ( régi par une institution) ; il est aujourd’hui individuel.

En cela, l’économie de l’échange se distingue diamétralement des sources idéologiques qui lui ont parfois été attribuées : elle n’est ni le retour à un modèle de société primitive – la dynamique de « don-contre don » décrite par Marcel Mauss sollicite une symbolique, la recréation du lien social à travers une transaction économique-   ni une expression moderne de la doctrine communiste – la propriété privée est au contraire exacerbée.

LE CAPITALISME 2.0 : UN CAPITALISME IMMATÉRIEL ?

Ce « néo-capitalisme », rendu possible par l’outil internet soulève une interrogation fondamentale : l’avenir de la production. Si ce modèle d’économie est effectivement destiné à devenir le référent, et que la richesse s’incarne dans l’acte d’échanger  , cela signifie t’-il la disparition de l’acte de produire ? En un mot, l’économie de l’échange deviendra t’-elle aussi immatérielle que l’outil qui l’a fait naitre ?