DRAGUER PAR TEXTO : VRAI OU FAUX?

DRAGUER PAR TEXTO : VRAI OU FAUX?

Découvrez comment faire bon usage des textos.

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Les techniques infaillibles pour draguer par texto

Beaucoup de sites ou de blogs offrent aux hommes une liste de conseils pour draguer par textos avec succès. Ce sont d’ailleurs les mêmes sites ou blogs qui vous proposent de maitriser toutes les « techniques imparables ou infaillibles ou même faciles ». Le plus souvent, elles sont 5, parfois 10, mais jamais 7, par superstition.

Quel que soit leur nombre, elles font de l’homme un super mécano : il suffit d’appliquer la notice, et après, on se retrouve avec un bolide aussi beau que celui de James Bond.

A bas la technique !

Malheureusement, vous commencez à le savoir si vous lisez mon blog : la séduction n’est pas une affaire de technique. Il n’y a rien à apprendre par cœur, ou dans les langues les plus obscures.

Et vous voulez connaître le pire (ou plutôt le mieux), dans l’histoire ?

#On ne drague pas par textos.

On peut séduire par textos

Cette croyance est très répandue chez les hommes, quelle que soit leur marque de caleçon. Elle est d’ailleurs liée à une autre croyance, encore plus répandue, selon laquelle « un homme qui a la tchatche met n’importe quelle fille dans son lit ». Pourtant, croyez-moi, en menant mon enquête, j’ai vu des hommes quasiment muets faire tomber les barrières des plus belles filles de la soirée (les barrières, et d’autres choses d’ailleurs…)

Faire de belles phrases était un atout pour vos grands-pères. Mais aujourd’hui, ce que les femmes recherchent avant tout, ce n’est pas une démonstration de la valeur d’un homme par la parole: c’est une relation. Une relation : un espace crée entre vous et elle, espace dans lequel elle se sent bien et elle vous sent bien. C’est aussi simple que cela.

Créer une relation passe par le corps !

Une relation, c’est aussi un espace « physique . Car Messieurs : il n’y a rien de plus charnel et physique qu’une relation de séduction. Ces petits gestes d’amour qui n’en paraissent pas (quand vous la frôlez, quand vous mettez votre main sur son épaule, l’air de rien ) , ces regards qu’on ne sait pas interpréter ( « est-ce qu’il me trouve belle ? » « Est-ce que je lui plais ? ») , ces sourires qui vous montrent sûr de vous, voilà ce qui fait une relation de séduction.

On ne frôle pas une femme par textos. Pas plus qu’on ne peut la regarder ou lui sourire. C’est la raison simple pour laquelle on ne peut pas séduire une femme par textos !

# Pour les timides : ne vous cachez pas derrière votre écran !

# Pour les beaux-parleurs : ne vous reposez pas sur vos simples capacités oratoires !

#Pour les littéraires : ne vous reposez pas sur vos simples capacités d’écriture !

# Pour tous les autres : ne considérez pas les textos comme un moyen de séduction.

Arrêtez de vous prendre la tête !

Vous ne le savez sans doute pas, mais les femmes sont souvent agacées par ces hommes qui tentent de les séduire par textos. Et vous le savez, dans ces cas là, elles sont très dures : elles se disent que vous êtes peureux (trop pour lui dire les choses en face), arrogant (vous êtes tellement content de vous connaître que vous êtes sûr de vos effets ), tout simplement paresseux ( trop pour l’inviter à un vrai rendez-vous), ou pire : que vous vous moquez d’elle.

Bref, abandonnez toute vélléité de textos en rafales, de déclarations ambigues, de « fuismoijetesuissuismoijetefuis » par smartphone interposés. Cela vous permettra d’ailleurs d’arrêter de vous prendre la tête ! (Ceci est l’un des messages clés de mon livre #dragueur.)

Comment « s’y prendre » par textos ?

 

Mais attention ! Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas envoyer de textos à votre dulcinée ! Les textos peuvent être très utiles pour répondre à un objectif : préparer le prochain rendez-vous, c’est à dire, faire en sorte de mettre du corps et du physique dans la relation !

Dans ce cas, faites simple. Si vous la quittez à l’instant, évitez le texto de débrief du genre «  c’était super de te voir etc… ». On n’est pas à la Star Academy. Evitez aussi d’appliquer la fameuse légende urbaine des « trois jours » pour la faire mariner telle une gambas. De même, l’usage abusif des « … » et des « lol » est à proscrire, pour des raisons évidentes de bon goût.

Un bon texto est un texto qui la fera sourire. Ici, pas de technique, juste deux étapes :

  1. Trouvez une introduction liée à un sujet que vous avez déjà abordé ensemble et qui montre que vous l’avez écoutée.
  2. Ajoutez une ouverture qui lui laisse la possibilité de vous répondre tout en n’étant pas trop directe pour ne pas sembler en demande.

Exemple :

« Bonjour Nora, alors bien rentrée ? Tu ne t’es finalement pas fait at- taquer par les FARCS ? » (ndla : ils avaient rigolé sur ce fait lorsqu’elle lui avait raconté qu’elle était allée en Colombie). « N’hésite pas à m’envoyer un SOS si besoin. »

#DRAGUEUR,ARRÊTE DE DRAGUER

#DRAGUEUR,ARRÊTE DE DRAGUER

Pour ne plus avoir à devenir un marketeur de l’amour

#dragueur arrête de draguer

Les séducteurs d’hier ont des conseils à nous donner

La séduction a toujours existé, et chaque époque en a eu son chantre. Enterrés, oubliés, ces #dragueurs ont pourtant beaucoup à nous apprendre sur la séduction d’aujourd’hui. Ecoutons-les, car c’est dans le champ lexical qu’ils utilisent que se cache leur vision de la séduction.

Rome, 5ème siècle avant JC.

Dans son essai L’art d’aimer, Ovide associe la séduction à l’art de la parole : il s’agit d’utiliser la bonne « formule » et les bons « arguments »pour « convaincre » son « locuteur ». Son conseil : pour séduire, sachez manipuler les mots.

Moyen-Age, époque de l’amour courtois.

Un grand chevalier adresse à sa dame dans une enveloppe soigneusement pliée le magnifique majeur qu’il a perdu pendant un duel en son honneur. Son conseil : Pour séduire, réalisez de grandes prouesses (et soyez prêts à perdre un doigt).

18ème siècle, dans les Liaisons dangereuses.

Un roman qui a inspiré un grand nombre de films contemporains. Valmont élabore une mise en scène sophistiquée dans laquelle il vient en aide à un paysan en déroute et le sauve d’une faillite certaine. Tout cela, sous les yeux séduits de son « ennemie » la Présidente de Tourvelle. Le champ lexical de la guerre se déploie tout au long du roman : la séduction est une « campagne pénible » dans laquelle il faut imaginer de « subtiles manoeuvres » pour vaincre son « ennemie » et la faire parvenir à la « capitulation ». Le conseil de Valmont : pour séduire, sachez inventer de belles machinations.

Des vocabulaires différents, une même vision de la séduction

Même si le vocabulaire qu’ils emploient évolue au cours des siècles, ces #dragueurs portent une vision commune de la séduction. Manipuler les mots ou manipuler les situations, dans la prouesse comme dans la mise en scène, la séduction est envisagée sous l’angle de la confrontation avec la personne convoitée. Pour gagner ce combat, il faut toujours un peu mentir.

La guerre du 18ème siècle est le marketing du 21ème siècle

La séduction en 2015 a t’elle évolué? Les progrès sur les droits des femmes et la transformation des modes de vie a t’elle bouleversé notre vision de la séduction? Il semble qu’il n’en soit rien.

« L’ennemie » est devenue la cible, la « manoeuvre » se transforme en « stratégie », le vainqueur en « leader » . La guerre du 18 ème siècle est le marketing du vingt-et unième siècle. Associé à ce champ lexical du marketing, le vocabulaire de la performance s’impose : vous avez une mission, il vous faut la réussir. Pas de panique, les sites, blogs, livres de séduction abondent pour vous aider. Partout, vous pourrez apprendre des « techniques », pour gérer votre béguin comme on gère une transaction commerciale. Comment faire pour, les 5 trucs pour, les 10 techniques infaillibles…Entre les « opener de situation », les gestes immanquables, les accroches…Vous pourrez apprendre à devenir de vrais « marketeurs » de l’amour… mais cela fait-il de vous de bons séducteurs? Rien n’en moins sûr.

Le marketing est mort, vive la séduction

Je connais le marketing, puisque c’est mon métier.  Et ce que je peux vous dire, c’est qu’il n’existe plus. Peu à peu, le marketing se meurt. Les consommateurs deviennent des connaisseurs. Les techniques destinées à les séduire, ils les reconnaissent. Les trucs pour susciter le besoin d’un objet dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence, ils les identifient. Les petits mensonges des marques ? Ils les sentent, les critiquent, et les affichent. En 2015, les marques mises à nues sont contraintes de changer leur façon d’être au consommateur : elles doivent cesser de marketer. Il en est des marques comme des hommes, comme l’évoquaient les Françaises pendant mes interviews : «  Ils pensent qu’on ne les voit pas arriver avec leurs grands sabots, quo’n ne reconnaît pas leurs petites phrases ou leurs petites techniques… alors bien sûr on sourit.. parce que même si ça sonne creux et faux c’est bien dit… mais ce n’est pas pour autant qu’on est séduites. » En 2015, il est peut-être temps  pour vous de changer de stratégie… pourquoi pas en abandonnant la stratégie?

L’anti-manuel de drague

Nous aimons tous séduire, nous apprécions cette petite boule au ventre, ce stress positif, ce jeu subtil… mais cela nous oblige t’il à devenir des stratèges ?

Vous qui êtes peut-être fatigués d’utiliser les mêmes trucs et de devoir vous transformer pour séduire. Vous qui n’avez peut être pas envie de lire tous les articles de tous les sites pour apprendre toutes les techniques… qui ne fonctionnent plus… Vous qui vous lassez sans doute de voir ces marketeurs de l’amour dégainer leur sourire émail diamant et vous expliquer comment les imiter…ou vous qui, tout simplement, avez envie de rester vous-mêmes dans le jeu de la séduction.

Vous apprécierez sans doute de lire #dragueur. Ce livre n’est pas un répertoire de gestes ravageurs, de phrases choc, de trucs infaillibles. Dans mon livre vous n’apprendrez pas de techniques d’approche et de méthodes, et vous n’apprendrez pas non plus à mentir.  #dragueur vous montre simplement que séduire en fait, c’est facile et naturel.

TOUT CE QUE VOUS NE SAVEZ PAS SUR LA SÉDUCTION : FAITES LE TEST

TOUT CE QUE VOUS NE SAVEZ PAS SUR LA SÉDUCTION : FAITES LE TEST

Loin des idées reçues que l’on peut entretenir sur les bons « trucs » du séducteur, découvrez ce qui fonctionne vraiment avec les Françaises, et surtout pourquoi. Attention, vous risquez d’être surpris!

CE que vous ne savez pas sur la séduction

Les hommes et les dragueurs ont tout faux en matière de séduction

Pour l’écriture de mon livre #dragueur, j’ai eu l’occasion d’interviewer beaucoup d’hommes, Français et étrangers. Souvenez-vous, j’avais été incroyablement surprise des préjugés qu’ils entretenaient sur les Françaises ;  qui les handicapaient dans le jeu de la séduction. Aujourd’hui, je vais vous parler de ma deuxième grande conclusion, tout aussi folle : les hommes nourrissent également des préjugés sur la séduction elle-même, et cela leur porte tout autant préjudice. Tout ce qu’ils pensent être « efficace » dans le jeu de la séduction correspond, en fait, aux mauvais exemples que les femmes critiquent. Vous ne me croyez pas ? Faites le test.

 Faites l’expérience vous-mêmes !

Avec cette conclusion déconcertante, je me suis dit qu’un petit exercice pouvait être particulièrement utile. Le voici : je vais vous raconter trois histoires (« true story » dirait Barney Stinson) de séduction. Pour chacune de ces vraies histoires, vous devrez deviner la suite : laquelle/lesquelles de ces situations a/ ont donné lieu à d’autres rendez-vous, laquelle/lesquelles a/ont coupé court ? Rendez-vous un peu plus bas pour les réponses.

Histoire n°1 :

Olivier avait déjà vue Julie mais il n’avait jamais eu l’occasion de lui parler. Il avait pourtant flashé sur elle, et avait entendu qu’elle faisait des études littéraires. Un jour qu’ils se retrouvent ensemble (avec des amis communs) dans une voiture pour quelques minutes, Olivier lance une question : « Qui voudrait aller voir l’Ecume des jours au théâtre, j’ai vu qu’il y a avait une représentation ? ». L’air intrigué, Julie se retourne et regarde Olivier.

Histoire N°2 :

Mathieu et Mélanie s’étaient rencontrés en soirée et le courant était tout de suite passé entre eux deux. Ce soir là, Mélanie avait dû partir un peu tôt, et Mathieu en avait profité pour lui donner un rendez-vous en tête à tête, ce qu’elle avait accepté avec enthousiasme. Lorsque, trois jours plus tard, Mélanie arrive au point de rendez-vous, elle regarde les lieux avec surprise : il s’agit d’un restaurant très chic. Il y a des nappes blanches, un majordome à l’entrée, et les menus au prix élevés promettent de vrais plats gastronomiques.

Histoire N°3 :

Marc ne s’attendait pas du tout à croiser une jolie fille ce jour là : il se rendait en roller jusqu’à sa fac, et l’avait aperçue de loin. Il la rattrape en roller, et veut faire un tour sur lui-même pour se retrouver juste face à elle ; mais au dernier moment, il dérape sur un relief du trottoir et s’effondre devant elle. Surpris, Marc regarde Marie et lui dit : « Je crois que j’ai raté mon entrée. »

And the winner is….

Avez-vous imaginé la suite de ces histoires ? Maintenant, je peux vous le dire, une seule d’entres-elles a donné lieu à un rendez-vous.

Allez, vous aviez bien senti qu’il y avait anguille sous roche …. Eh oui, le gagnant est …. Marc et sa chute en roller !

Pourquoi Marc a-t’il réussi là ou Olivier et Mathieu ont échoué ?

En réalité, la scène aurait très bien pu aboutir à immense râteau, car la démarche initiale était plus qu’arrogante : Marc s’était dit qu’il allait impressionner Marie avec ses compétences sportives : elle aurait trouvé cela prétentieux et même assez ridicule. Pourquoi vouloir absolument impressionner une fille avant de l’aborder ? Mais sa chute l’a sauvé du fiasco. En riant de lui-même, il a tout de suite su mettre Marie à l’aise, et celle-ci s’est sentie en confiance.

Attention, ne vous méprenez pas : pour séduire une Française, vous n’êtes pas obligés de tomber par terre. Ce que vous devez comprendre, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’impressionner votre future amoureuse pour lui plaire. Sachez juste la mettre à l’aise.

Et Olivier et son écume des jours, pourquoi n’a t’il pas réussi ?

L’erreur d’Olivier est une erreur TYPIQUE des hommes qui pensent savoir séduire. Si vous êtes de profil Joueur ou Passionné, vous avez sans doute utilisé ce genre de truc au moins une fois dans votre histoire de la séduction. Le principe est simple : aborder une femme en utilisant des références dont on sait qu’elles l’intéressent. Soit il s’agit d’impressionner par votre savoir, soit il s’agit de lui faire plaisir. Dans tous les cas, cela ne fonctionne pas :

  • Vous supposez que pour lui plaire, il faut lui parler de choses qu’elle connaît alors que les Françaises sont curieuses et aiment apprendre de nouvelles choses.
  • Vous risquez de susciter sa méfiance. En l’occurrence, L’écume des jours n’est pas une pièce de théâtre. De toute façon, les femmes savent quand on leur ment. Si vous n’aimez pas la littérature (ou tout autre chose) , n’essayez pas d’en parler !

Et Mathieu et son restaurant somptueux, pourquoi n’a t-il pas réussi ?

Cette situation est moins courante, mais peut arriver, surtout si vous êtes de profil passionné ou charmeur. Vous voulez « sortir le grand jeu »,« en mettre plein la vue » à votre future, ou la traiter comme une reine. Mais vous oubliez qu’en en faisant « trop » vous risquez de la déstabiliser. Mal à l’aise, en situation d’insécurité (de danger), Mélanie a écourté le rendez-vous et n’a jamais voulu revoir Mathieu.

Que retenir de ces exemples ?

  • VOUS N’AVEZ PAS BESOIN DE RÉALISER UNE PROUESSE ! Qu’elle soit intellectuelle, physique, financière ou autre, oubliez cette idée. Soyez vous-mêmes, tout simplement.
  • FAITES VOUS CONFIANCE : VOUS POUVEZ L’INTÉRESSER SANS JOUER UN JEU.
  • SUSCITEZ SA CURIOSITÉ AU LIEU DE VOULOIR LUI PARLER DE CE QU’ELLE CONNAÎT
  • SACHEZ RIRE DE VOUS ! (SURTOUT POUR LES CHARMEURS, JOUEURS, IDÉALISTES)

Vous avez touché ici à quelques un des préjugés qui conditionnent votre relation de séduction. Pour connaître les autres, vous n’aurez plus qu’à lire mon livre ! En attendant, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode : découvrez en quoi la séduction est une forme de marketing !

POUR SÉDUIRE, VOUS POUVEZ COMPTER SUR VOTRE CORPS

POUR SÉDUIRE, VOUS POUVEZ COMPTER SUR VOTRE CORPS

Le corps, bien plus que le langage, est un puissant outil de séduction. Découvrez comment.

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 Séduire, c’est savoir parler ?

«  Pour séduire il faut avoir la tchatche ».

Dans mes entretiens avec les hommes, j’ai constaté que tous associaient la séduction à l’art de la parole. Etre séduisant, ce serait une affaire de bon mot, de phrase choc placée au bon endroit – « Si je lui dis ça à ce moment précis, sa petite culotte va tomber » (j’exagère à peine). Ce ne sont d’ailleurs pas les sites ou blogs de drague existants qui leur assureront le contraire, eux qui proposent des « techniques de conversations » et leur expliquent « Quoi dire à une femme pour la séduire ?. » Cette vision de la séduction était déjà exprimée par Ovide au premier siècle après Jésus Christ. On la trouve aussi dans les Mémoires de Casanova, grand séducteur devant l’éternel. L        a théorie sous-jacente est que la séduction est une démonstration : si l’on ne peut pas démontrer ses prouesses (comme ce chevalier servant qui, au siècle de l’amour courtois, envoya à sa promise le doigt qu’il avait perdu dans un duel mené en son nom) on réalisera au moins un exploit oratoire.

Votre corps parle plus que votre bouche

Pourtant, mes entretiens avec les Françaises m’ont bien montré qu’il n’existe pas de phrase magique. Cette vision de la séduction appartient à nos grands-mères et leurs tricots. Ce que les femmes attendent aujourd’hui, ce n’est pas une démonstration de la valeur (réelle ou oratoire) des hommes. Ce qu’elles attendent, c’est une relation. Pour parler d’un coup de cœur, elles ne se disent pas «  Il m’a m’impressionnée » mais plutôt «  Je me sentais bien avec lui.» Il s’agit là d’une information extrêmement importante : la relation de séduction tient dans des messages qui ne s’expriment pas à l’oral : votre voix, votre regard, vos gestes, votre façon de vous tenir, de parler, d’agir, importent plus que ce que vous dîtes, puisqu’ils installent une ambiance. En un chiffre, votre langage corporel représente 55% des messages que vous faites passer à votre promise.

Ne soyez pas schizophrène

Pour séduire, il faut donc savoir soigner le langage de son corps. La première règle est incroyablement basique, mais elle est fondamentale : c’est la règle de la cohérence. Beaucoup d’hommes font l’erreur de l’incohérence et échouent dans la relation de séduction pour cette raison.

J’ai souvent observé cette scène dans les cafés : un homme, à deux tables de moi, discute avec une femme, qu’il a invitée à un premier rendez-vous. Il lui parle de son boulot génial. Tu comprends, il manage trois personnes, rencontre des grands patrons tous les jours, et fait des soirées au bureau tous les jeudi  (elles peuvent finir, facile à 2H00 du mat’). Seul problème : en même temps qu’il parle de son job, ses mains gesticulent dans tous les sens, ses yeux font le tour de la pièce, son visage est tendu comme s’il avait fait un lifting, et ses jambes raides comme des piquets. C’est ce qu’on appelle une situation de communication skyzophrénante : ce que racontait cet homme (le contenu de son message : je suis un mec sûr de lui qui adore son job) était en totale contradiction avec la façon dont il le racontait (le contenant de son message : j’ai envie de disparaître sous terre). Inutile de vous dire comment a fini le rendez-vous : soudain, le portable de la femme a sonné et elle a dû filer aider sa meilleure amie qui avait un problème d’ex (de façon générale, la meilleure amie a souvent bon dos.) Devinez ce qu’elle m’a dit quand je l’ai rattrapée dans la rue pour lui demander ce qui n’avait pas fonctionné ? « Je me suis sentie mal-à-l’aise ».

Retenez donc bien ceci : séduire, c’est accorder le fond avec la forme de son message. Quoi que vous disiez, soyez fiers de le dire, et assumez-le. Sinon, ne dites rien. Ou dîtes autre chose. Le sujet de conversation importe moins que les messages qu’envoie votre corps. Mais alors, quels messages votre corps doit-il envoyer ?

Quels sont les messages à faire passer avec son corps ?  

Quoi que vous disiez dans un rendez-vous ou lors d’une première rencontre, votre corps devra envoyer trois messages principaux.

  1. « Je la trouve belle. »

 Pourquoi ?

Vous l’apprendrez dans mon livre, les Françaises, dans une relation de séduction, aiment sentir qu’elles sont des « reines » ; puissantes dans leur féminité, magnétiques, belles au sens large (physiquement et mentalement). Plus une femme se sentira reine, plus elle prendra plaisir à séduire et être séduite.

Comment faire ?

Normalement, si vous voulez la séduire, c’est que vous la trouvez belle. Montrez-le lui en la regardant beaucoup, mais jamais de la même façon. Souriez-lui, et surtout écoutez-là ; montrez lui que ce qu’elle vous raconte vous intéresse. Si vous êtes de profil plutôt passionné (lisez mon article sur les profils pour le savoir) vous n’aurez aucune difficulté à le faire, cela vous est naturel. Charmeur, faites attention à ne pas vous mettre trop en valeur à son détriment. Si vous êtes de profil mystérieux, veillez à décoller de votre lune et atterrir sur la sienne. Si vous êtes un idéaliste, évitez d’être trop en recul, comme si rien ne vous touchait. Si vous êtes un joueur, essayez de rester sérieux de temps en temps afin qu’elle ne se sente pas déstabilisée.

  1. « J’ai confiance en moi. »

Pourquoi ?

Vous l’apprendrez également, le deuxième besoin des Françaises dans une relation de séduction est la sécurité. Les femmes aiment sentir que l’homme qui les séduit est sûr de lui. Plus un homme a confiance en lui et plus les femmes se sentent elles-mêmes en confiance.

Comment faire ?

Vous devez absolument « habiter votre corps », assumer vos gestes. Ils doivent être fluides, et vous devez les mener jusqu’au bout. Votre regard doit être franc, comme vos paroles. Comme dans la vie, vous devez varier votre langage corporel : ne pas répéter les mêmes gestes et les mêmes regards. Idéaliste, joueur, ou charmeur, vous êtes très à l’aise dans cet exercice. Si vous êtes un passionné, veillez à gérer votre stress et lâchez prise : il vous suffit de croire en vous pour qu’elle croie en vous. Si vous êtes un mystérieux, vous devez faire attention à tous les signes qui peuvent faire penser que vous ne « gérez » pas : soyez à l’heure, lacez vos lacets, remontez votre braguette etc.

  1. « Rien n’est sûr, rien n’est joué »

Pourquoi ?

Ménager l’incertitude est ce qui distingue une relation amicale d’une relation de séduction. Séduire, c’est se mettre en danger. Le stress qui en découle est incroyablement grisant, pour les femmes comme pour les hommes : « je lui plais, ou je ne lui plais pas ? Je ne sais, je n’en suis pas sûr…. »Cette tension permanente est la partie la plus excitante du jeu de séduction. Votre langage corporel doit donc absolument jouer avec cette part d’incertitude.

Comment ?

De manière générale, lorsque vous approchez une femme, vous devrez préférer les approximations plutôt que les gestes francs : posez votre main sur son épaule, au milieu d’une phrase, comme si vous ne faisiez pas exprès. Regardez-là au milieu de son groupe d’amis, comme si ce n’était pas elle que vous fixiez. Pendant un rendez-vous, posez votre main sur ses reins, juste avant les fesses…Plus la relation évoluera, plus il vous faudra cependant faire disparaître l’incertitude. Si vous êtes un passionné, prenez garde à brouiller un peu les pistes. Idéaliste, ne soyez pas trop brutal, acceptez le jeu de l’incertitude. Joueur et Charmeur, ne jouez pas trop : un peu d’incertitude est grisante, mais trop est déstabilisante (par exemple, ne draguez pas d’autres filles devant elle). Mystérieux, osez la toucher.

Vous voulez connaître le langage corporel de la séduction dans le détail ? Lisez mon livre !

En attendant, je vous donne rendez-vous vendredi prochain pour décortiquer les pires scénarios de séduction : Pourquoi ça n’a pas fonctionné ? Comment se comporter ? Vous saurez tout !

Top chef/ Auchan : la vie, la vraie.

Top chef/ Auchan : la vie, la vraie.

top-chef-2013-avec-encore-plus-de-pub-dedans,M104706Une relation sensible entre marque, programme, et téléspectateurs- consommateurs. Ou quand Auchan repense le sponsoring et devient acteur  de la vie quotidienne

Chaque Lundi soir, c’est le même rituel. Tout juste sortie de table, confortablement installée sur mon canapé, lunettes chaussées et télécommande en main,  je zappe pour écouler les cinq minutes qui me séparent des 20h50 et de MON émission: Top Chef. Et comme les quatre millions de téléspectateurs qui la regardent, je vois les logos de Mir Vaisselle et d’Auchan défiler sur mon écran avant de pouvoir admirer les minois des candidats.

Et chaque fois, je me fais la même réflexion : « C’est drôle, ça me dérange moins quand c’est Auchan que quand c ‘est Mir Vaisselle ! ». Non que j’apprécie particulièrement Auchan ; d’autant que j’adore l’odeur des Mir ; mais alors, pourquoi ? En quoi l’action d’Auchan est-elle différente de celle de Mir vaisselle ? A mon sens, c’est tout simplement parce que cette action relève de bien plus que d’un simple sponsoring.

Le sponsoring : un modèle à dépasser

Le sponsoring télévisé recueille de plus en plus de méfiance de la part des consommateurs ; qu’ils considèrent comme une de  ces « actions marketing » destinées à servir le seul intérêt des marques qui le pratiquent. Qu’il s’agisse de se rapprocher des clients en s’associant à un programme qu’ils aiment, de bénéficier de l’image et de l’audience positive, d’acheter du « temps de cerveau disponible » ou de faire financer les recettes du programme en question, la pratique est toujours perçue comme une expression de l’opportunisme pur des marques toutes puissantes et de leur volonté d’engranger des profits.

Et cet opportunisme s’aggrave d’autant plus aux yeux des consommateurs quand le rapport entre le sponsor et le sponsorisé n’est pas évident, et que l’explication du lien est artificielle : « Saint Algue Syoss qui parraine The Voice, parce que pour bien chanter il faut avoir de beaux cheveux… » .

Or, la force d’Auchan repose précisément sur sa capacité à inverser ces deux faiblesses notoires du sponsoring : la marque le fait sortir d’une simple transaction mercantile, et tisse un lien qui semble tellement évident et naturel avec Top Chef, qu’il n’est plus nécessaire de le questionner.

Un nouveau mode de relation : le partenariat

Car en effet, là où le sponsoring classique permet à chaque partie concernée de réaliser des intérêts financiers propres (le point commun entre elles n’est pas l’objectif mais la façon d’y parvenir), Auchan et Top Chef semblent se réunir autour d’un projet commun et «  humanitaire » : repenser la crise.

C’est effectivement le contenu de l’introduction de chaque émission : «  Cette année les candidats vont devoir s’adapter. Aujourd’hui la cuisine a changé. Le contexte économique nous oblige à ne plus rien jeter, à repenser nos menus. (…) Nous attendons du candidat qu’il soit capable, avec pas grand chose, de faire une cuisine exceptionnelle. » Et c’est aussi le sens de ces exercices de concours si particuliers : réaliser un plat avec des produits de grande surface, utiliser les restes pour cuisiner gastronomique ou ne se servir que d’un seul ingrédient …

Un projet qui traverse  d’ailleurs tout le champ lexical de l’émission : ne parle t’on pas de « sublimer » le produit, de le « rendre exceptionnel ? » ; en un sens de transcender la normalité d’un produit basique.

Seulement voilà : les considérations sur la crise et les difficultés économiques du pays et des Français, ce n’est pas un message pour une émission, surtout quand elle s’appelle Top Chef. La recherche de l’excellence culinaire est, en effet, plutôt contradictoire avec les limites budgétaires qu’imposent la crise : qui s’imagine Jean François Piège, dans son restaurant,  recycler ses bouts de bœuf pour en faire un nouveau et sublime plat ? C’est même presque insultant : il n’y a qu’à observer la moue des candidats lorsqu’ils sont propulsés dans la fameuse grande surface et qu’ils sont sommés de réaliser un plat gastronomique pour s’en convaincre…

Tout se passe comme si finalement, c’était Auchan qui avait inspiré  et insufflé ce nouveau fil rouge à l’émission. Car, pour le coup, la nécessité de prendre en compte la crise est bien un message de grande surface, et plus particulièrement d’Auchan : n’avait- elle pas axé sa campagne sur le tout « à moins d’un euro » ?

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Tout se passe donc comme si  Auchan  soufflait un vent de « vraie vie » à une émission fantastique.  Top chef fait rêver les téléspectateurs, Auchan  l’enrichit  grâce à sa connaissance des enjeux des consommateurs. Top Chef et Auchan deviennent donc partenaires.

Les nouveaux codes graphiques du partenariat

Cette nouvelle relation s’incarne d’ailleurs dans un langage visuel tout spécifique.

Là où la marque sponsor impose sa présence de façon presque omnisciente (logo répété, placement de produit- on se rappelle notamment les tablettes Samsung sur le plateau de the Voice), Auchan la distille par touches.

1247067_emission-1-hypermarche-defi-1-xxxAinsi, par exemple, lors de la première épreuve de l’émission, lorsque les candidats sont amenés dans «  une grande surface » pour choisir les ingrédients de leur futur plat gastronomique, le logo Auchan n’apparaît à aucun moment. Pourtant, et c’est là tout le sens de ce partenariat, l’identité graphique d’Auchan est assez forte pour que chaque téléspectateur ait reconnu l’enseigne à l’oiseau rouge.

De même, là ou le sponsor classique préempte chaque communication dans lequel son « sponsorisé » apparaît (le sponsorisé est toujours l’objet du sponsoring, et le sponsor semble toujours dominer le rapport), Auchan laisse la part belle à son partenaire. Ainsi par exemple, lorsque Auchan relaie l’événement Top chef sur son site internet : La typographie, les couleurs, l’iconographie (avec les photos des candidats,) tout les codes visuels sont ceux de l’émission Top Chef. Le seul élément graphiquement disruptif est le logo Auchan, qui vient très humblement se positionner aux côtés et au même niveau que celui de Top Chef.

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fabien-gateau-choco2Ainsi, au lieu de limiter le sponsoring à la simple apparition du logo avant chaque émission, ( comme le fait par exemple Mir Vaisselle ) , Auchan le fait vivre à la fois dans le programme ( autour de ce nouvel enjeu Topchefien, faire face à la crise), mais aussi au cœur même de son propre magasin.  Pendant trois semaines, Auchan a notamment mis en vente le gâteau au chocolat de Fabien, celui qui avait remporté l’épreuve de pâtisserie.

Plus qu’une opération commerciale,  une stratégie de marque

Cette nouvelle forme de partenariat sonne juste dans un contexte où les consommateurs sont en quête de sens, et deviennent de plus en plus méfiants et rebelles à l’égard des marques. Avec Auchan, le sponsoring devient un terrain privilégié d’expression autour de ses valeurs : la marque s’invite dans un des programmes préférés des Français pour le nourrir et le faire évoluer. La proximité qui fait son identité n’est plus simplement théorique, elle devient physique et concrète, elle prend forme au sein de l’émission et dans les enseignes. De même, cette prise de parole autour de la valeur proximité lui permet de donner plus de profondeur à une campagne publicitaire centrée sur le prix. Ainsi le « tout à un euro » redevient une conséquence de la proximité client plutôt que la simple finalité, qui, à terme, pourrait le faire basculer vers un statut de simple discounter.

Auchan_Top_Chef_Pub_TV_Quentin_77782814_thumbnail 2103828282_B97192475Z.1_20130227130414_000_GREIH9JK.1-0C’est d’ailleurs dans le sens de la réaffirmation de son niveau de qualité (à l’inverse d’un simple discounter) que les publicités Auchan- Top Chef se dirigent : on y voit les candidats retrouver les vendeurs Auchan , chacun réunis autour de l’amour du métier. Auchan assoit par là son statut de multispécialiste (le boulanger est un vrai boulanger, le primeur un vrai primeur, le boucher aime sa viande etc) et donne du corps à sa promesse qualité.

Si le partenariat Auchan-Top chef permet donc à l’enseigne de nourrir sa marque et son image, il permet également de mettre en place un nouveau mode d’interaction avec les consommateurs ; qui peuvent se sentir enfin concernés par un sponsoring.

Alors , le partenariat:  le sponsoring de demain ?